responsabilité sociétale des entreprises

Souvenez-vous de la vague de protestation lorsque Shell a voulu couler sa plate-forme pétrolière Brent Spar au siècle dernier ou du vaste mouvement de protestation contre les conditions de travail inhumaines chez les sous-traitants de grandes marques d’articles de sport. Depuis lors s’est développé une tendance, dans le monde des entreprises et à l’extérieur, qui œuvre à la responsabilité sociétale des entreprises.
Les entreprises ne doivent pas uniquement être rentables ou économiquement viables mais elles doivent aussi rendre des comptes sur le bilan social et écologique de leurs activités. En anglais, on évoque le principe des trois P: profit, people et planet, que chaque entreprise devrait respecter et que l’on pourrait traduire en français par les bénéfices, les personnes et la planète. En réalité, il y a un quatrième principe puisque la culture aussi mérite le respect.
L’appel à la responsabilité sociétale des entreprises se traduit notamment par des codes d’entreprises et des codes de conduite, et par une inflation de labels écologiques, sociaux et de commerce équitable. Outre le bilan financier traditionnel, on assiste à l’émergence d’un rapport de durabilité qui dresse également le bilan social et écologique de l’entreprise. On constate également le phénomène croissant de conventions-cadres internationales conclues entre des entreprises multinationales et des syndicats internationaux.
Certaines entreprises montrent réellement la voie aux plans écologique et social tout en restant des entreprises économiquement saines et rentables. En fait, on ne devrait pas mettre en exergue une seule entreprise, mais l’exemple du revirement d’Umicore – l’ancienne Union minière - au cours de ces dernières années est quand même digne d’être mentionné. Cette entreprise de cuivre et de plomb extrêmement polluante, qui provoquait des ravages sanitaires et qui a connu des grèves de longs mois durant, est devenue une nouvelle entreprise de matériaux réussissant à mettre en pratique les principes du développement durable.
Cependant, la responsabilité sociétale des entreprises n’est souvent qu’une façade, une astuce de marketing et en fin de compte, il n’y a jamais qu’un seul principe qui prime: le profit.
Et il s’agit toujours d’initiatives volontaires. N’oublions pas que les labels peuvent effectivement aider à relever le niveau de la durabilité, mais que les autorités doivent en tout état de cause imposer des normes sociales et écologiques minimales pour éviter que des entreprises malhonnêtes ne passent tout à fait en dessous du niveau.