migration

L’Europe a longtemps été un continent d’émigration, même jusqu’après la Seconde Guerre mondiale. Après 1965 surtout, des millions d’étrangers ont commencé à s’établir en Europe occidentale. Ils venaient de pays méditerranéens, à partir des années quatre-vingts également d’Asie et d’Afrique et, après la chute du rideau de fer, se sont joint à eux des habitants d’Europe de l’Est et de l’ancienne Union soviétique. Nous vivons désormais sur un continent d’immigration mais nous ne voulons pas encore le reconnaître vraiment.
Ces derniers temps, nous prenons de plus en plus conscience de la nécessité de trouver un moyen de gérer la migration, quelque part entre l’ouverture complète des frontières et la construction d’une forteresse européenne d’où l’on veut expulser tous les ‘illégaux’. La conviction que notre population vieillissante et notre réservoir de main-d’œuvre en passe de rétrécir pourraient bénéficier d’un apport externe gagne aussi du terrain. Une pression économique se fait sentir pour combler les postes vacants en pénurie de main-d’œuvre. D’où certaines initiatives en faveur de la migration légale de travailleurs et certaines voix qui s’élèvent en faveur d’une migration contrôlée.
Peu de choses à redire à cet égard… si ce n’est qu’il s’agit d’un regard assez simpliste, influencé par l’afflux d’immigrés illégaux et par l’évolution de notre propre population et de nos besoins économiques. Cette vision ne tient pas vraiment compte des plus faibles dans le monde. Ouvrir les frontières semble un beau projet mais il vaut mieux en évaluer les conséquences sur les chances de décrocher un emploi et les conditions de travail des travailleurs peu qualifiés et de toux ceux qui rencontrent des difficultés sur le marché du travail.
Par ailleurs, nous devons nous poser la question de savoir si c’est une si bonne chose pour les pays en développement que nous voulions les priver de leur meilleure main-d’œuvre.
Et nous devons aussi oser prendre le point de vue des migrants. Ce qui motive le plus les gens, ce sont les motifs économiques. Ceux qui sont pauvres veulent une meilleure vie. Si ce n’est pas possible dans leur environnement familier, les gens cherchent mieux ailleurs. Ne restons pas aveugles devant le fait que l’économie mondiale actuelle dérobe sans cesse le sol sous leurs pieds. Le défi fondamental est de reconnaître qu’il est inacceptable que les gens soient forcés de migrer. Notre monde doit veiller à ce que toutes les sociétés soient en mesure de construire une économie performante dont chacun puisse cueillir les fruits de la prospérité. Parce que les gens doivent aussi pouvoir choisir de rester chez eux.