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Le mur égyptien anti-Gaza provoque une nouvelle opposition en Egypte
Le 13 février dernier, des centaines de personnes ont protesté au Caire
contre le mur souterrain de quatorze kilomètres que lEgypte est en train de
construire le long de sa longue frontière avec la bande de Gaza. "Le mur de
la honte doit partir" et "pas de soutien pour les criminels israéliens"
pouvait-on lire sur les pancartes brandis par les manifestants. En Egypte,
protester contre le gouvernement est une activité à haut risque souvent
accompagné de violence à légard des manifestants qui disparaissent parfois
après avoir passé du temps en prison.
Les journaux indépendants font des comptes-rendus détaillés des travaux à la
frontière. Le journal Al-Masry Al-Youm de la semaine dernière a montré un
travailleur de terrain qui a expliqué comment la sécurité des frontières a
été renforcée avec des plaques d'acier de 18 à 25 mètres de profondeur dans
le sol. De cette façon, il sera plus difficile pour les Palestiniens de
creuser des tunnels pour pratiquer la contrebande vers l'Egypte.
Un autre journal indépendant, "Al-Dustour", a indiqué que l'Egypte est en
train de construire un bateau damarrage le long de la frontière pour
patrouiller en mer. Cela viserait à dissuader les contrebandiers qui ont
atteint l'Egypte de rejoindre la bande de Gaza par voie maritime.
Complots terroristes
Les journaux israéliens ont annoncé le renforcement de la frontière
égyptienne l'année dernière. Le gouvernement égyptien tente à présent de se
défendre contre les critiques qui émergent au niveau national. Le Président
égyptien Hosni Moubarak a déclaré le 25 janvier dernier que le nouveau mur «
protégera notre pays contre les complots terroristes».
L'Égypte a fermé sa frontière avec la bande de Gaza en 2007, lorsque le
mouvement islamiste palestinien Hamas a pris le pouvoir dans cette région.
Israël avait déjà fermé ses frontières avec Gaza en 2006. LÉgypte affirme
que la frontière a été fermée pour empêcher que les armes soient introduites
par la contrebande dans la bande de Gaza. Dans les faits, même la
nourriture, les médicaments et le carburant entrent très difficilement à
Gaza.
De nombreux Egyptiens compatissent avec le peuple palestinien. La
protestation contre l'attitude du gouvernement égyptien a grandi pendant la
dernière offensive israélienne dans la bande de Gaza au début de 2009.
Malgré les circonstances tragiques en cours dans la bande de Gaza, lEgypte
a gardé sa frontière scellée y compris l'aide humanitaire.
Prison à ciel ouvert
Le mur en cours de construction par l'Egypte représente le dernier clou dans
le cercueil des habitants de la bande de Gaza, estime Gamal Fahmi, le
rédacteur en chef de Al-Arabi Al-Nassiri, un hebdomadaire proche des groupes
d'opposition égyptiens. « La bande de Gaza sera fermé hermétiquement. Elle
est devenue littéralement la plus grande prison à ciel ouvert du monde ».
"L'Egypte commet un crime historique", ajoute Hamdi Hassan, un député Frères
musulmans, le puissant mouvement d'opposition. « Le gouvernement soutient
les projets que les États-Unis et Israël ont dans la région ».
Gamal Fahmi rejette l'argument du gouvernement égyptien qui consiste à dire
que la construction du mur permettra de maintenir la souveraineté
égyptienne. « L'Egypte peut simplement rouvrir le poste-frontière de Rafah.
Mur frontalier n'est pas nécessaire - les procédures de sécurité
intelligents sont adéquates ».
Le gouvernement égyptien rappelle que la frontière restera fermée au Hamas
et que l'Egypte a proposé un accord de «réconciliation» à signer avec le
parti Fatah. Ce parti du Président palestinien Mahmoud Abbas détient le
pouvoir en Cisjordanie et à la différence du Hamas est considéré comme un
interlocuteur légitime par les Etats-Unis et Israël.
La proposition égyptienne contient des passages qui pourraient contraindre
le Hamas à reconnaître Israël et à renoncer à la résistance armée. Cela est
pour linstant inacceptable pour le Hamas. « L'Égypte vise à punir le Hamas
avec la construction du mur parce que le Hamas refuse de signer sa
proposition », a déclaré Emad Gad, un expert du centre semi-public Al-Ahram
pour les études politiques et stratégiques au Caire.
(FIN/IPS/2010)





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