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Le milliardaire chilien gagne grâce à la division des forces de centre-gauche
La Présidente actuelle, la socialiste Michelle Bachelet, a déjà pris le petit déjeuner traditionnel avec le futur président. Le rituel avait cette fois un caractère spécial parce que c'est la première fois qu'un candidat d'opposition remporte le scrutin depuis le rétablissement de la démocratie chilienne en 1990. Et pour la première fois depuis 1958, la droite arrive au pouvoir par les urnes. De 1973 à 1990, c'est aussi un gouvernement de droite qui a régné sur le pays mais il s'agissait de la dictature d'Augusto Pinochet.
Sebastián Piñera, un homme politique libéral qui s'est toujours distancé de Pinochet, a réussi à gagner au second tour des présidentielles avec 51 % des suffrages, soit 3 % de plus que l'ex-président chrétien-démocrate Eduardo Frei Ruiz-Tagle. Michelle Bachelet, qui n'était pas candidate, peut toujours compter sur une grande popularité parmi les Chiliens, mais ceux-ci ont refusé d'accorder la même confiance à son partenaire de coalition Eduardo Frei Ruiz-Tagle.
Divisions
Ce résultat est en grande partie dû à la division du camp de la gauche. Lors du premier tour, le 13 décembre dernier, c'était Eduardo Frei Ruiz-Tagle qui arrivait en tête mais avec à peine 30 % des voix. Le jeune candidat de gauche Marcos Enriquez-Ominami le talonnait avec près de 20 %. C'est cela qui a permis à Sebastián Piñera de se propulser au second tour, en partie parce qu'Enriquez-Ominami a tièdement marqué son soutien pour Frei Ruiz-Tagle.
Marcos Enriquez-Ominami avait quitté le Parti socialiste (PS) pour pouvoir se présenter comme candidat indépendant. Il est le fils du leader du Mouvement de la Gauche révolutionnaire, Miguel Enríquez, qui a été assassiné en 1974 au début de la dictature. Il ambitionne maintenant de devenir la nouvelle référence de la gauche en travaillant depuis l'opposition.
Crise
Les analystes politiques soulignent que Concertación por la Democracia (Concertation pour la démocratie), la coalition de centre-gauche qui a dirigé le pays au cours des vingt dernières années est entrée dans une crise. La seule solution pour sortir de cette crise est un rajeunissement des cadres en profondeur, estiment les analystes.
La coalition avait défait Pinochet du pouvoir après une victoire par référendum en 1988 remportée avec le soutien des marxistes. Le Parti démocrate-chrétien (PDC) est l'épine dorsale de l'alliance qui compte aussi de nouveaux flux de militants modérés regroupés au sein du Parti socialiste, le Parti pour la Démocratie (PPD) et le Parti radical social-démocrate (APES).
Dans une tentative visant à reprendre des voix à Marcos Enriquez-Ominami, les dirigeants du PPD et de l'APES ont démissionné dès le premier tour. Mais plusieurs dirigeants dans le PS et le PDC ont refusé de jouer la même tactique. Hier matin, une trentaine de jeunes occupaient le quartier général du Parti PDC pour demander la démission du Président du parti Juan Carlos-Latorre.
Deux transitions
Michelle Bachelet remettra le flambeau le 11 mars prochain au nouveau Président Sebastián Piñera qui parle déjà d'une «seconde transition» en faisant référence à la transition de la dictature à la démocratie il y a vingt ans. Sur base d'accords politiques le centre-gauche et la droite ont à peu près le même nombre de sièges au Parlement - l'homme d'affaires ambitionne d'accomplir «le grand saut en matière de développement » pour faire du pays «une société d'opportunité, de sécurité et de valeurs pour tous les Chiliens ».
Le Chili, qui fête cette année sont deux centième anniversaire, est à l'aube d'une ère nouvelle. Il rejoindra bientôt l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qualifiés souvent comme étant « le club des pays riches ».
(FIN/IPS/2010)
Photo : La Présidente Bachelet a rendu visite à Piñera après son triomphe. (Copyright: site web de Sebastián Piñera)





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