Le Brésil discute d'une pension pour les joueurs de football

Il y a cinquante ans, les « divins canaris » - ce surnom attribué aux

joueurs brésiliens fait référence à la beauté du football qu’ils pratiquent

et à la couleur de leurs maillots – étaient les plus importants ambassadeurs

du continent sud-américain, d’après le ministre. A l’époque, le Brésil était

pratiquement inconnu à l'étranger et des footballeurs tels que Pelé et

Jairzinho ont aidé le pays à se faire connaître sur le plan international.

Maintenant, le Brésil est devenu une superpuissance régionale et le pays

s’affirme de plus en plus sur le plan économique et politique international.

Cela ne justifie pas qu’on oublie les joueurs de l’époque, réagit Orlando

Silva.

Beau jeu

Le football est toujours « l'un des éléments clés de l'identité nationale »

et « la manière de vivre à la brésilienne », estime le ministre Silva qui

ajoute que le principal sport national permet aussi une forme d’intégration

sociale.

Fernando Lattman-Weltman, analyste politique et professeur au Centre de

recherches d'histoire contemporaine du Brésil, partage cet avis. « Le

football fait partie de notre patrimoine, il nous caractérise en tant que

peuple et c’est un sport admiré partout dans le monde ». Le football est un

sport populaire dans presque tous les pays, mais selon Fernando Lattman-

Weltman, le Brésil marque sa différence en offrant toujours un beau jeu sur

le terrain. C’est également un sport dans lequel on retrouve différents

types de personnes - du petit attaquant argentin Lionel Messi aux robustes

défenseurs dans différentes équipes – qui peuvent revendiquer un rôle

spécifique sur base de leurs qualités. Dans ce sport, le talent est plus

important que la naissance, d’ailleurs la carrière de nombreux joueurs

brésiliens issus de quartiers pauvres en est un très bon exemple. Tout cela

se traduit dans la société brésilienne pour produire un creuset de mélange

dans laquelle le talent et le travail acharné peut être récompensée par une

montée rapide dans la hiérarchie sociale.

Mais les opinions sur le projet de pension complémentaire pour les anciens

joueurs de football restent divisées. Les opposants à cette mesure

considèrent qu’il s’agit d’une annonce dans le cadre des élections

anticipées qui auront lieu dans le pays. En effet, le 3 octobre prochain, le

Brésil doit se choisir un nouveau président et peut-être que le gouvernement

espère rassembler des sympathies supplémentaires pour son candidat, Dilma

Rousseff. Pour les promoteurs du projet, le projet de pension complémentaire

n'est qu’une juste mesure pour mieux récompenser les champions du monde

d'antan. C’étaient des footballeurs professionnels mais ils ne gagnaient pas

autant que les stars d'aujourd'hui.

(FIN/IPS/2010)