La défaite d’Avatar est aussi mauvaise pour l’Amazone

Plusieurs organismes environnementaux, y compris le Rainforest Action Network (RAN) et le Réseau pour la défense de l'Amazonie, ont demandé à Cameron de faire savoir à ses nombreux fans de que «Pandora » est certes une fiction, mais ce que vivent les communautés autochtones de l'Équateur est bel et bien la dure réalité.

Dans le film, Pandora, une lune de la planète Polyphème, est menacé par des gens qui veulent récupérer un minéral important pour l'approvisionnement de leur propre planète.

La directrice du RAN, Rebecca Tarbotton, compare cette situation avec la lutte des indigènes équatoriens face à la compagnie pétrolière Chevron. Dans le cadre d’un procès qui dure déjà depuis plus de seize ans, les autochtones réclament un dédommagement de 27 milliards de dollars américains pour la pollution que Chevron aurait occasionnée.

Ils prétendent que Texaco, qui a été acquis par Chevron en 2001, a injecté plus de 18 milliards de litres d’eau polluée dans leur environnement situé au nord-est du pays et qu’il y a également eu une fuite de 17 millions de litres de pétrole brut entre 1964 et 1990. Cela a fait en sorte que le sol et les rivières sont aujourd’hui fortement pollués. Les plaignants estiment que la pollution pétrolière leur a causé des problèmes de santé comme le cancer, la déformation des bébés et les grossesses interrompues.

Tarbotton a rappelé dimanche dernier à Cameron sa promesse d'utiliser le film pour inspirer l'activisme environnemental à une grande échelle. « Avatar » a seulement perdu dans la catégorie du meilleur réalisateur et du meilleur film, ainsi il doit se contenter de trois Oscars. Du coup, James Cameron n’a pas eu l’occasion de s’adresser au public pour faire passer ce message.

(FIN/IPS/2010)