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La crise financière à Dubaï sème le doute sur la finance islamique
Nakheel, une filiale de Dubaï World, a financé la construction du «World»,
un archipel artificiel au large de la côte de Dubaï, à l'instar dautres
projets mégalomanes dans cet émirat, en partie grâce aux soukouks
(certificats dinvestissement conformes aux recommandations religieuses) et
aux obligations islamiques. Dubaï World a fait savoir le 30 novembre de
lannée dernière quelle nétait cette fois plus en mesure de rembourser ses
dettes. Cela concernait trois types de soukouk que Nakheel avait emis qui
obligeait le développeur de rembourser pour le 14 décembre 3,5 milliards de
dollars aux investisseurs.
Insalubres
Dubaï a été sauvé par sa riche voisine Abou Dhabi qui lui a fourni 10
milliards de dollars davance pour effectuer des paiements urgents. Mais la
dette totale de Dubaï sélève en réalité à 90 milliards de dollars tant en
financement classique quislamique. La crise de la dette à Dubaï a, daprès
certains investisseurs, prouvé que le système financier islamique est certes
différent mais certainement pas plus sain que les systèmes conventionnels.
"Pourtant, il serait exagéré de dire que la crise à Dubaï a fait trembler
tout le secteur financier islamique", tempère Abdel Mawla Shaar de l'Ecole
Supérieure des Affaires à l'Université de Beyrouth. "Nous ne disons pas non
plus que la crise des années nonante en Amérique latine a mis en danger le
modèle bancaire classique."
Le secteur financier islamique a fortement augmenté ces dernières années
dans les États du Golfe et dans des pays asiatiques comme l'Indonésie et la
Malaisie. Selon Shaar, la croissance rapide du système islamique a également
attiré beaucoup d'argent européen.
Les experts estiment que près de 500 jusqu'à 750 milliards de dollars des
investissements sont à caractère musulmane. En règle générale, il sagit
dun système qui ne rapporte pas d'intérêt car interdit dans lislam. Les
soukouks offrent plutôt aux investisseurs des parties de propriété et une
partie des bénéfices. Dans dautres produits financiers islamiques, les
banques conviennent dacheter des biens pour leurs clients, ils vendent leur
bail et établissement des partenariats possibles.
Devoirs
Selon Badih Khatib, un expert de la Arab Finance House, une banque islamique
basée à Beyrouth, de nombreux détenteurs de soukouks Nakheel pensaient à
tort que l'emprunt obligataire bénéficiait dune garantie d'Etat. "Les
investisseurs doivent tout comme dans d'autres investissements faire leurs
devoirs et peser les risques et les bénéfices potentiels", explique Khatib.
Selon Shaar, le gros problème est que les institutions et les investisseurs
dans les produits d'investissement islamique réfléchissent de manière trop
classique. Ils ne regardent que les rendements alors que le système
islamique est basé sur le partage des bénéfices et des risques.
Une chose est certaine: les banquiers islamiques ont été aussi aveugles que
leurs homologues conventionnels face à la bulle spéculative de ces dernières
années à Dubaï. Certains érudits musulmans considèrent que la plupart
soukouks ne sont pas conformes à la charia, la loi islamique.
(FIN/IPS/2010)





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