L’Afrique du Sud n'est pas la cible d'une menace terroriste

Les rumeurs de menacent envers le tournoi abondent déjà. Sunday, un journal

sud-africain, relate les propos d’un informateur irakien précisant que des

cellules terroristes et des camps d'entraînement se trouveraient déjà dans

la région et se prépareraient à commettre une attaque contre les équipes

néerlandaise ou danoise, tandis que certains militants blancs auraient déjà

été arrêtés pour détention d’armes prohibées.

Sur internet aussi circulent en ce moment certaines menaces spécifiques.

Rédigé par un certain jihadiste dénommé Ubada bin Al-Samit, le message

précise que des dizaines ou des centaines de morts tomberont dans "une

attaque qui ne peut être vaincue". Al-Samit cite les équipes américaine,

britannique, slovène, française, allemande et italienne comme des cibles

potentielles.

D’après les analystes, c’est surtout le premier match de l'équipe américaine

du 12 juin prochain qui court des risques. Les Etats-Unis joueront contre la

Grande-Bretagne et le vice-président américain Joe Biden souhaite assister à

ce match anglo-saxon.

Etats-Unis

Selon le ministre sud-africaine de la Sécurité Nathi Mthethwa, toutes ces

rumeurs font l’objet d'une enquête mais elles ne semblent pas constituer une

menace réelle. « Il serait insensé pour un pays d'autoproclamer haut et fort

qu'il est à l'abri d'une attaque terroriste », a déclaré le ministre. « Mais

il n'y a actuellement aucune menace qui pèse sur l’Afrique du Sud ». Le

département d'Etat américain n'a pas non plus d'informations sur une attaque

spécifique. « En dépit des rumeurs médiatiques de ces dernières semaines, le

gouvernement américain n’a aucune information crédible sur une menace

sérieuse émanant d’un individu ou d’un groupe et qui coïnciderait avec la

Coupe du monde", a déclaré le ministère américain dans une déclaration

écrite. Néanmoins, le ministère met en garde les habitants des États-Unis

sur le « risque accru d'actes terroristes par des groupes extrémistes en

Afrique du Sud dans un proche avenir ».

Le ministre Mthethwa a réagi laconiquement à cette déclaration des États-

Unis. « Chaque pays a le droit de dire ce qu'il veut à son peuple. Tout ce

que nous répondons, c'est que l'Afrique du Sud a tout préparé en matière de

sécurité en collaboration avec les États-Unis, la Grande-Bretagne et

d'autres pays ».

Le pays est également bien préparé pour accueillir le tournoi mondial, selon

Nathi Mthethwa. L’Afrique du Sud a prévu au moins 40.000 agents de sécurité

et a investi 90 millions de dollars dans de nouveaux équipements, y compris

des hélicoptères, des bateaux rapides et des jet-skis. La semaine dernière,

le siège de coordination de la sécurité été transféré dans un endroit secret

où l'armée, la police et les services de renseignement travailleront

ensemble. Il y a aussi des équipes spéciales de renseignement et des

tribunaux qui seront en service 24 heures par jour.

Vols intérieurs

L’assurance sud-africaine a pris quelques coups ces dernières semaines. Il y

a deux semaines, des journalistes sud-africains ont révélé avoir réussi à

plusieurs reprises à déjouer les dispositifs de sécurité dans les aéroports

d'Afrique du Sud. Pendant trois mois, les journalistes ont réussi à faire

passer des couteaux, des aiguilles hypodermiques, des lames de rasoir et des

tournevis sur des vols intérieurs.

Il y a quelques jours, l'expert en terrorisme Ronald Sandee de la NEFA

Foundation a même été encore plus loin au cours de son témoignage devant le

Congrès américain. Sandee parle d'une organisation incompétente, des

frontières poreuses et du laxisme dans les services de renseignement. En

outre, il précise qu’il existe des cellules terroristes dormantes en Afrique

du Sud qui résideraient actuellement dans des camps d'entraînement dans les

pays voisins.

Le témoignage de Sandee doit être pris avec des pincettes, selon l'Afrique

du Sud et d’autres observateurs critiques, parce que la NEFA est une

fondation financée par des groupes conservateurs aux Etats-Unis souhaitant

en particulier mettre en garde contre la menace islamiste. Sandee aurait

surtout forgé un scénario en s’appuyant sur des informations accessibles au

public.

(FIN/IPS/2010)