Haïti interdit les nouvelles adoptions

Cette interdiction intervient après que l’UNICEF ait averti les autorités

d’un trafic d'enfants et des risques d’abus à ce sujet. Depuis le 12 janvier

2010 pas moins de quinze enfants ont disparu des hôpitaux en Haïti, selon

l'UNICEF.

Dans un communiqué de presse publié vendredi dernier, l’UNICEF estime que

les premiers efforts devraient être faits dans le but de réunir les enfants

et leur famille. "C'est seulement si cela s'avère impossible, et après un

screening approprié, que des solutions de rechange permanente comme

l’adoption peuvent être examinées par les autorités compétentes", a déclaré

Ann Veneman, Directrice exécutive de l’UNICEF. "Pour certains enfants, le

screening dans les procédures d’adoptions internationales avait déjà débuté

avant le tremblement de terre. Dans ces cas, il est plus utile de tout faire

pour que les enfants puissent rejoindre le plus vite possible leurs

nouvelles maisons".

Plusieurs pays, dont les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Espagne, le Canada, les

Etats-Unis et la France, ont déjà accéléré les procédures prévues pour

l’adoption des enfants d'Haïti. Il s’agit des enfants qui ont déjà presque

terminée la procédure d’adoption classique et dont les parents adoptifs

étaient déjà connus avant le séisme. La France compte le plus grand nombre

d'enfants adoptés en Haïti. L’année dernière, six cents enfants ont été

adoptés. En 2008, on en comptait plus de sept cents. Dans les prochaines

semaines quelque 276 enfants en provenance d'Haïti seront accueillis.

Vulnérables

Plan International, l'une des plus anciennes organisations dans le monde qui

se bat pour les droits des enfants, partage les craintes de l'UNICEF. "Les

enfants sont très vulnérables aux catastrophes et, parfois, il n'est pas

immédiatement évident de savoir s’ils ont encore des parents en vie. C’est

alors qu’il faut faire une vérification. La pire chose que nous pouvons

faire est de retirer des enfants de leur environnement et de les extraire de

tout contact ou de les mettre dans une nouvelle famille d’accueil alors que

la famille originelle les cherche toujours", a déclaré Rosemary McCarney de

Plan Canada.

Avant le tremblement de terre, Haïti souffrait déjà des problèmes liés aux

trafics des enfants haïtiens. Un rapport de l'ONU montre que 2.000 enfants

par an sont victimes de cette traite vers la République dominicaine et

souvent avec le consentement parental.

(FIN/IPS/2010)