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Evo Morales, lallié de la classe moyenne
En décembre 2005 cest le candidat indigène de la gauche Evo Morales qui
avait remporté les élections présidentielles avec un peu moins de 54 % des
voix. Le mois dernier en décembre 2009, le même Morales a remporté une
victoire encore plus grande avec 64 % des suffrages malgré le fait que la
classe moyenne supérieure était violemment anti-Morales.
Son score élevé indique que Morales compte de plus en plus de partisans au
sein de la classe moyenne bolivienne. Ainsi dans le département de La Paz,
il na pas seulement décroché une majorité dans les régions pauvres comme El
Alto mais aussi dans des circonscriptions traditionnellement à droite. Sur
l'ensemble du département, huit électeurs sur dix ont voté pour Morales et
son parti MAS.
Le rôle clé
Plus de 60 % des 10 millions de Boliviens sont d'origine autochtone mais la
classe moyenne est majoritairement blanche, y compris les hommes d'affaires,
les médecins, les avocats et les ingénieurs et joue souvent un rôle clé
dans la gestion des affaires du pays. Ce fut notamment le cas en 2003
lorsque lopinion publique a vivement protesté contre les plans du
gouvernement visant à exporter massivement du gaz bolivien vers les États-
Unis. Ce n'est que lorsque des gens des quartiers aisés sont également
descendus en rue que le Président Sánchez de Lozada a revu sa copie.
Aujourd'hui, il semble que le rôle politique de la classe moyenne reste
encore un facteur décisif. Les partisans dEvo Morales se composent
principalement de travailleurs et demployés urbains, de paysans pauvres
mais plusieurs de ses ministres sont issus de la classe moyenne. Même le
vice-président Álvaro García Linera est un intellectuel issu de la classe
moyenne.
Evo Morales a principalement axé sa dernière campagne électorale sur les
électeurs de la classe moyenne, notamment en mettant Ana María Romero sur sa
liste pour le Sénat. Romero possède un fort ancrage dans la classe moyenne,
en 2003 cest elle qui a mené la protestation dans les quartiers
résidentiels et aujourdhui elle pourra présider le Sénat bolivien.
Deux fois plus de voix
Morales na pas seulement augmenté son score de 10 % par rapport à il y a
quatre ans, il a également doublé le nombre de voix en chiffre absolu en
passant de 1,5 à 2,9 millions. En effet, le nombre total des électeurs
inscrits a augmenté ces dernières années de 3,6 à 4,8 millions de personnes.
Ceci est le résultat d'une campagne publique très réussie, avec un système
transparent qui identifie chaque électeur sur base de ses empreintes
digitales et sa photo. Une grande majorité des 1,5 million de nouveaux
électeurs ont visiblement opté pour Morales, dautres se sont détournés de
la droite en partie parce que la performance économique des quatre dernières
années ont été nettement meilleures que ceux obtenus par les gouvernements
de droite depuis 1985.
Chiffres forts
Malgré la crise économique mondiale, la Bolivie affiche lune des plus
fortes performances économiques parmi les pays dAmérique latine. Le produit
intérieur brut a augmenté de 3 %. Le Fonds monétaire international fait
l'éloge du gouvernement Morales pour sa gestion équilibrée des finances
publiques. Selon une étude réalisée par le Center for Economic and Policy
Research, un think tank basé à Washington, l'économie bolivienne a progressé
ces dernières quatre années comme elle ne la jamais fait durant les trente
précédentes années, avec une moyenne de 5,2 % par an depuis que Morales est
arrivé au pouvoir en janvier 2006. Cette année, le pays peut toujours
compter sur une croissance de 4,5 % daprès les prévisions. Le rapport du
think tank souligne que la politique de Morales annulant la privatisation du
gaz et du pétrole, la deuxième en importance dans la région, après celles du
Venezuela, a permis daugmenter sensiblement les recettes publiques.
(FIN/IPS/2010)





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