Empreinte écologique mauvaise pour la Coupe du monde

Pas de problème pour faire des déclarations audacieuses : « la Coupe du

Monde ne débutera pas s’il n’y a pas une manière verte de le faire », avait

déclaré l’année dernière Blessing Manal, chef de la planification du

tournoi. Les organisateurs présentaient également des « Green Goals »

(objectifs verts) où il était prévu de travailler durement pour compenser

les émissions de CO2 produits par la Coupe du Monde.

Mais ces plans environnementaux ont été immédiatement critiqués en raison de

leur imprécision car il y est beaucoup question d’ambition et de bonnes

intentions tandis que les chiffres, les objectifs concrets et les méthodes

pour y parvenir sont difficiles à trouver.

2,75 millions de tonnes de CO2

Pendant ce temps, la Coupe du monde risque d’être particulièrement nocive

pour l'environnement. L’Afrique du Sud a déjà annoncé l'année dernière que

les émissions de CO2 pour ce tournoi seront six fois plus importantes que la

précédente Coupe du monde organisée en Allemagne et au moins deux fois plus

élevé que les Jeux Olympiques de Pékin. Une étude estime ces émissions à

2,75 millions de tonnes de CO2.

L’emplacement de l'Afrique du Sud, complètement dans la pointe du continent

africain, explique pour beaucoup de déficit : beaucoup de monde doivent

faire un long voyages en avion pour y arriver. Même à l'intérieur du pays,

des supporters prendront l’avion. Les matches de football seront joués à

différents endroits du pays et l'Afrique du Sud ne dispose pas d'une

infrastructure de transport respectueux de l'environnement comparable à ce

qui existe en Allemagne. En conséquence, de nombreux vols intérieurs seront

nécessaires provoquant de nombreuses émissions de CO2. Selon le journal sud-

africain Cape Argus, près de 2.000 vols par jour seront nécessaires tous les

jours pendant le tournoi pour transporter tout ce monde.

Le secteur de l'électricité en Afrique du Sud a également un impact négatif

sur le respect de l'environnement. Pas moins de 95 % de l'électricité en

Afrique du Sud, y compris l’énergie utilisée par les organisateurs du

tournoi, sont produites par les centrales à charbon. Le fournisseur

d'énergie sud-africaine Eskom a déclaré qu'il entendait aussi fournir de

l'énergie renouvelable pour une partie de la compétition mais ces

déclarations restent pour le moment assez vagues.

Action individuelle

Les critiques soutiennent que la FIFA et le gouvernement sud-africain ne se

sont pas assez activement impliqués dans l’idée de rendre la Coupe du monde

plus respectueuse de l’environnement en laissant la mise en pratique de

l’organisation aux villes et aux organisateurs locaux. Il y a certes des

histoires positives à relater dans certains endroits comme la ville de

Durban qui a décidé d’utiliser du biogaz pour ses stades ressemblant déjà

des bijoux durables en matière de design ou le système de collecte des eaux

de pluies. Mais ce type de projet reste trop isolé par manque de vision

globale et environnementale dans l’organisation du plus grand événement

sportif du monde.

(FIN/IPS/2010)