Des histoires de filles pendant la Coupe du monde

Ce projet sud-africain a été baptisé « Kick It Up! ». Conçu par la société

Global Media Girl, une ONG qui a été fondée début 2009 aux États-Unis dans

le but de favoriser l’expression des jeunes femmes à travers les médias

numériques.

Grâce à Kick It Up! 20 jeunes filles sud-africaines d’origine défavorisée

reçoivent une formation professée par des journalistes sud-africains, des

commentaires sportifs et des personnalités féminines du monde sportif pour

utiliser et s’exprimer à travers l’usage des blogs et du contenu vidéo.

L’objectif est de permettre à ces filles de couvrir la Coupe du Monde dans

leur pays et de raconter leurs histoires et leurs vécus à travers cet

événement sportif mondial. L’accès à la technologie leur offre une nouvelle

façon de s'exprimer et de communiquer avec leur communauté, estime Global

Media Girl.

Le matériel produit sera distribué par divers canaux médiatiques comme la

grande chaîne sportive américaine ESPN, un partenaire de Global Media Girl,

ou encore sur le site de partage vidéo YouTube et des blogs différents.

Contre le viol collectif

C’est la réalisatrice et productrice Amie Williams qui a lancé le projet

après qu’une adolescente au Kenya ait été victime en décembre 2007 d'un viol

collectif suite à de violents affrontements tribaux pendant les élections

présidentielles contestées dans le pays.

Williams a été pendant trois ans le mentor et l'amie de la jeune fille et

elle a demandé de revenir au Kenya pour aider la jeune fille. Étonnamment,

la seule chose que demanda la jeune fille était une opportunité pour

raconter son histoire face à une caméra. « Et puis on a eu cette idée : que

se passerait-il si on donnait une caméra à toutes les femmes du monde ? ».

Elles ne voudraient pas seulement parler de viol mais aussi de sport, de

maternité ou tout simplement de la manière de vivre d’une adolescente.

Le vrai pouvoir

Kick It Up! veut élaborer un modèle applicable à d'autres pays. Le concept

est de créer une communauté médiatique pour les filles qui sont connectées

entre elles via des plates-formes multimédia sur internet. Un financement

est demandé sous la forme de subventions et de dons collectés par

l'intermédiaire du site. La Fondation Nike a par exemple récemment donné 10

000 dollars (7500 euros) à ce projet.

Kgomotso Matsunyane, l'un des rares cinéastes en Afrique du Sud, est le

coordinateur du projet à Soweto. Elle pense que les filles peuvent vraiment

se développer en travaillant avec une caméra. Des programmes comme cela

peuvent aider les jeunes femmes dans un monde dominé traditionnellement par

les hommes.

La plupart des filles qui ont rencontré Matsunyane travaillent avec une

caméra mais Global Media Girl donne aussi des possibilités aux jeunes femmes

de choisir et comparer les images. « Elles doivent écrire un scénario et

décider ce qu’elles veulent montrer avec leur film. C’est ça le vrai pouvoir

et ce message vous ne pouvez le faire qu’à travers des images ».

"Elles ont commencé quelque chose qui peut être incroyablement puissant. Et

pas seulement en Afrique du Sud", a déclaré Julie Foudy, la double

championne olympique et ex-capitaine de l’équipe de football féminine des

États-Unis. "Le but est de libérer le matériau pour qu’il se répande à

travers le monde afin de donner accès aux filles du monde entier à ce média

ultrapuissant". Julie Foudy sera la seule commentatrice de football lors de

la Coupe du Monde, analyste pour la chaîne américaine ESPN Sports, elle est

le porte-parole du projet Global Media Girl.

(IPS/FIN/2010)