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De nouvelles sanctions pour éviter dattiser le conflit
Récemment, lUnion européenne a décidé de supprimer graduellement dici le 1er juillet tout contrat pétrolier avec lIran. Les États-Unis ont également choisi le 1er juillet comme date limite avant dimposer des sanctions aux banques étrangères qui continueraient à traiter avec la Banque centrale iranienne.
Cependant, les experts de lIran en Europe et aux États-Unis pensent que cette décision européenne est motivée par la crainte dune nouvelle guerre.
Selon les déclarations à lagence IPS dun chercheur français (qui, en tant que conseiller du gouvernement, souhaite conserver lanonymat), « ladministration française est préoccupée par une attaque israélienne potentielle de lIran cette année ».
Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, interpellé à la Chambre des communes, a affirmé que ces nouvelles sanctions, « tout en augmentant la pression sur lIran afin daboutir à une résolution pacifique des différends, sont destinées à écarter la perspective dun conflit ».
Cette décision européenne résulte de la forte demande israélienne en ce sens auprès des États-Unis et de lUnion européenne. Les officiels israéliens ont en effet réitéré à maintes reprises leur demande de sanctions « paralysantes » à lencontre de lIran. Israël suggérait que de telles sanctions pourraient dissuader ses forces militaires de sen prendre aux infrastructures nucléaires iraniennes et donc déviter des dommages collatéraux en matière daugmentation significative du prix du pétrole et dinstabilité régionale.
Lidée quIsraël puisse procéder à une attaque de lIran en 2012 sans considérer le fait que lIran approche la capacité nucléaire et en comptant sur le soutien du gouvernement américain de Barack Obama en cette année délection présidentielle alimente les inquiétudes.
Stuart Eizenstat qui négociait avec les Européens il y a dix ans, après que le Congrès américain a imposé pour la première fois des sanctions ayant pour objectif de pénaliser les compagnies pétrolières étrangères qui faisaient affaire avec lIran, a déclaré à lagence IPS mercredi que le renversement européen était « remarquable ».
Il a affirmé que ladministration Obama avait réussi à « multilatéraliser » le différend, en se basant sur les résolutions du Conseil de sécurité élaborées par le gouvernement de George W. Bush.
Eizenstat, qui copréside un groupe de travail iranien du Conseil de lAtlantique Nord, groupe de réflexion basé à Washington, a ajouté que le gouvernement américain actuel avait profité dune politique double qui consiste à tendre « une main amicale en tenant de lautre la massue des sanctions ».
La volonté européenne de se départir du pétrole iranien au moment où plane le spectre dune nouvelle récession est également le fruit des actions iraniennes, particulièrement depuis les élections présidentielles contestées de 2009.
Le gouvernement iranien, qui tentait de semer la discorde entre les États-Unis et lEurope, na fait que les unir en accélérant son programme nucléaire, en violant les droits de lHomme et en prenant pour cible des ressortissants européens et des représentants des ambassades européennes.
Accusant les Européens de fomenter des manifestations contre leur gouvernement, les Iraniens ont retenu prisonniers, en 2009, plusieurs représentants iraniens de lambassade britannique, un journaliste gréco-britannique et un universitaire français.
En janvier 2011, lIran a exécuté une femme germano-iranienne, Zahra Bahrami. Le recours à la peine capitale pour une personne ayant une double nationalité est pourtant rare. Bahrami a été arrêtée durant les troubles postélectoraux et inculpée par la suite pour trafic de drogues.
Finalement, en novembre 2011, les forces paramilitaires iraniennes ont envahi et dévasté lambassade britannique à Téhéran, et ont ainsi contraint la Grande-Bretagne à fermer lambassade, à rappeler les représentants étrangers et à expulser de Londres les diplomates iraniens.
Au même moment, lIran continuait denrichir de luranium à plus grande échelle et, au début du mois de janvier 2012, le pays a entrepris lenrichissement dans un bâtiment situé au creux de la montagne, près de la ville de Qom, et donc moins susceptible dêtre attaqué.
« Il y a eu un durcissement de la position européenne, cest certain », a confié à lagence IPS Anne Penketh, directrice du British American Security Information Council, un groupe de réflexion qui lutte pour un monde dénucléarisé. Penketh souligne le rôle clef qua joué la France du président Nicolas Sarkozy en encourageant des actions européennes plus concertées contre lIran. Le président français, qui est également en pleine campagne électorale cette année, a été encore plus belliciste dans ces propos que le président américain Barack Obama.
Lexperte française de lIran estime que la fermeté de Nicolas Sarkozy sur la question iranienne est non seulement influencée par ses opinions politiques personnelles, mais également par les actions iraniennes. Elle fait notamment allusion à la détention de luniversitaire française Clotilde Reiss qui, en 2009, a été écrouée six semaines à la tristement célèbre prison dEvin et a été retenue neuf mois supplémentaires en Iran après avoir été accusée despionnage.
Eizenstat a affirmé que la collaboration de Nicolas Sarkozy et des dirigeants allemands et britanniques a été cruciale dans lobtention dun consensus contre le programme nucléaire iranien. Selon lui, lEurope craint quune puissance iranienne dotée de larme nucléaire « ne mette à mal tout le régime de non-prolifération ».
Il a ajouté que « lEurope était véritablement préoccupée par la menace dune attaque israélienne ». Les conséquences de lembargo sur le pétrole iranien sont minimes en comparaison avec les répercussions catastrophiques quengendrerait une autre guerre, souligne Eizenstat.
Ronen Berman, journaliste israélien et expert de lIran, qui a écrit un article à paraître dans le New York Times Magazine, a alimenté les inquiétudes des médias en pronostiquant une attaque israélienne de lIran en 2012.
A la question de savoir si les menaces israéliennes avaient pour objectif linstauration dun embargo sur le pétrole iranien, Eizenstat a répondu que les Israéliens « préparent légitimement une action militaire, mais sont parfaitement conscients des risques encourus. Ils jouent avec dextérité ».
Dans son dernier Discours sur létat de lUnion au Congrès mardi, le président Obama attribuait aux États-Unis le mérite de lisolation croissante de lIran.
« Grâce à notre diplomatie, un monde qui était autrefois divisé sur la manière de gérer le programme nucléaire de lIran ne fait aujourdhui plus quun », a-t-il clamé.
Alors que le président a répété que les États-Unis « nécartaient aucune option » pour empêcher lIran de mettre au point des armes nucléaires, le président a affirmé qu« une résolution pacifique du conflit est toujours possible et que si lIran revoit ses positions et remplit ses obligations, il pourrait rejoindre la communauté des États ».
Il ny a eu aucune négociation avec lIran depuis plus dun an et la possibilité dune reprise des pourparlers est mince. Malgré les déclarations positives des officiels iraniens, le gouvernement na pas répondu par écrit à la lettre qui lui était adressée en octobre 2011 par la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.
Les États-Unis et leurs partenaires dans ce quon appelle le P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus lAllemagne) discutent de ce quils pourraient proposer à lIran pour que les négociations reprennent. Lexigence essentielle est que lIran arrête denrichir de luranium à une telle cadence. 20 % dU-235, lisotope nécessaire aux explosions nucléaires, est enrichi.
Cependant, les États-Unis et leurs collaborateurs nont pas encore décidé de ce quils pourraient offrir de mieux que du combustible pour un réacteur qui produit des isotopes médicaux.
Un journal iranien aux revendications extrêmes, le Keyhan, a récemment suggéré que lIran arrête immédiatement les ventes de pétrole en direction de lEurope, ce qui dans le passé avait fait chuter denviron 18 % les exportations iraniennes. Le journal a également reformulé les menaces iraniennes de fermer le détroit dOrmuz qui permet le passage de 20 % des réserves mondiales de pétrole.
Un autre journal iranien, plus modéré, a relayé lannonce dune crise économique profonde ayant entraîné la chute de la monnaie iranienne, le rial, qui a perdu plus de 50 % de sa valeur ces derniers mois. Le journal Javan, selon une traduction du Mideast Mirror, a qualifié les nouvelles sanctions de « conspiration planifiée que nous devons gérer avec précaution sans offrir à nos ennemis lopportunité de nous nuire ».
(FIN/IPS/2012)





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